(AOF) - L’Europe doit développer des politiques de financement pour soutenir les petites et moyennes entreprises du secteur biopharmaceutique. C’est ce qu’affirme l’Efpia, qui regroupe les industriels européens du secteur, sur la base d’une analyse réalisée par Charles River Associates, alors que ces sociétés biotech "se tournent de plus en plus vers des environnements plus favorables en dehors de l’Europe". L'Efpia demande d'agir sur les fonds de pension et les plateformes boursières et de créer un fonds de garantie.
Selon l'Efpia, les organismes de réglementation européens et nationaux devraient réformer l'encadrement des fonds de pension afin d'accroître leur flexibilité en faveur du capital-risque et des investissements dans les PME. Cela offrirait potentiellement des rendements plus élevés aux fonds de pension lorsqu'ils investissent dans des actifs à haut risque et à haut rendement. En 2022, le total des actifs des fonds de pension européens s'élevait à 3 136 milliards d'euros, mais seul 0,01 % du total des actifs sous gestion de ces fonds était investi dans le capital-risque, et moins encore dans des PME. Aux États-Unis, les fonds de pension représentent plus de 25 % des investisseurs dans des fonds en phase de démarrage.
Les plateformes de négociation centralisées telles qu'Euronext doivent être améliorées et utilisées plus largement pour attirer davantage d'investisseurs nationaux et internationaux, afin de concurrencer le Nasdaq américain, demande l'Efpia. Les PME européennes sont confrontées à un choix difficile au moment de leur cotation, car les États-Unis ont un niveau d'activité plus élevé en la matière et ont créé plus de "success stories" renforçant la confiance des investisseurs. Le marché financier européen apparaît fragmenté, et sous-performe en termes de valorisation et d'activité. Entre 2015 et 2020, Euronext n'a accueilli que 20 introductions en bourse, contre 261 au Nasdaq s'agissant des sociétés de biotechnologie en phase de recherche.
L'Efpia demande enfin de créer un fonds de garantie d'un milliard d'euros, pour garantir la profondeur et la viabilité de l'investissement dans le domaine des sciences de la vie. Ce fonds permettrait "d'assouplir les taux de rendement minimal" et de minimiser les pertes grâce au partage des risques entre les partenaires. Un taux de rendement minimal plus bas permettrait de partager davantage les retours sur investissement et motiverait donc les investisseurs à souscrire des parts de fonds pour recevoir une plus grande part des intérêts.