(AOF) - La Commission européenne a présenté un projet de directive "Omnibus" visant à simplifier les règles de l’UE, à stimuler la compétitivité et à débloquer des capacités d’investissement supplémentaires. L’objectif est d’arriver à une réduction d’au moins 25 % des charges administratives, et d’au moins 35 % pour les PME, d’ici la fin du mandat de l’exécutif européen, dans les domaines du reporting financier durable, de la "due diligence" en matière de durabilité, de la taxonomie de l'UE, du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières et des programmes d'investissement européens.
Markus J. Beyrer, directeur général de BusinessEurope, qui représente le patronat européen, salue comme "des avancées majeures" les propositions visant à remédier aux déséquilibres dans le champ d'application de la CS3D, la directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité publiée en juillet 2024 .
Il juge "positif qu'il y ait une réduction significative de la quantité de données à collecter, certifier et publier annuellement dans le cadre du CSRD car elles représentent des efforts de simplification tangibles, sans remettre en cause les objectifs".
Les modifications proposées "s'attaquent aux principaux problèmes que les PME ont critiqués à plusieurs reprises" , à savoir "le manque de financement et la lourdeur des reportings" souligne la secrétaire générale de SMEunited, qui défend les PME, Véronique Willems. Elle demande aux colégislateurs "d'adopter rapidement la proposition, en veillant à ce que le financement parvienne aux PME sur le terrain".
Neuflize OBC juge pour sa part que "la fragmentation du marché européen requiert bien plus qu'un choc de simplification" et qu'elle nécessite de renforcer, voire "révolutionner", la gouvernance de l'Union européenne.
Le projet provoque la colère des ONG environnementales. " Il est désormais clair que la ‘simplification' n'est qu'un cheval de Troie pour une déréglementation agressive ", s'indigne Faustine Bas-Defossez, directrice de la nature, de la santé et de l'environnement à l'EEB (Bureau européen de l'environnement). Elle dénonce " une attaque contre la responsabilité environnementale des entreprises, et un coup porté à la démocratie ".