L’année 2024 s’achève sur une note favorable, tant sur le marché obligataire que sur les marchés actions, et ce malgré les divergences conjoncturelles entre les Etats-Unis et le reste du Monde et un plancher durablement élevé sur les taux. 2025 devrait offrir un paysage complexe, marqué par l’incertitude issue du résultat des élections américaines, et des risques inflationnistes et budgétaires accrus entretenant la volatilité sur les taux longs, tant aux Etats-Unis qu’en Europe. Dans ce contexte peu prévisible, Axel Botte, directeur de la stratégie marchés, Alexandre Caminade, directeur gestion taux core et alternatifs liquides, Philippe Berthelot, directeur gestion monétaire et crédit, et Frédéric Leguay, directeur de la gestion actions assurance, présentent les perspectives d’Ostrum Asset Management (Ostrum AM) sur l’économie et les marchés et les choix qui leur semblent pertinents d’opérer pour une année 2025 tirant parti de l’environnement.
Marchés : à l’épreuve de l’administration Trump
Selon Axel Botte, directeur de la stratégie marchés, le retour de Donald Trump au pouvoir annonce celui de l’imprévisibilité. La politique commerciale américaine devrait se durcir au moyen de tarifs douaniers plus élevés. La Chine est dans la ligne de mire, ainsi que le Canada et le Mexique qui forment pourtant avec les États-Unis une zone de libre-échange régie par un accord commercial dont la renégociation est prévue en 2026. La hausse des tarifs douaniers entrainera une hausse des prix pour le consommateur, constituant une source d’incertitude qui pourrait peser sur l’investissement.
Selon le scénario d’Ostrum AM, la croissance américaine devrait passer sous la croissance potentielle de 2 % en 2025 (1,6 %). L’Europe (1 % en 2025) et la Chine devraient également subir le durcissement de la politique commerciale de Trump. Des marges de manœuvre budgétaires existent toutefois en Allemagne et en Chine pour stimuler la demande intérieure. Des mesures de rétorsion sont aussi probables au travers de tarifs douaniers ou de restrictions de quotas d’importations (par exemple de produits agricoles américains dans le cas de la Chine). Enfin, il conviendra également de distinguer le bruit du signal sur les politiques migratoires et climatiques : les annonces de Donald Trump quant à l’expulsion de millions d’immigrés illégaux et la primeur donnée aux énergies fossiles risquent de se heurter à une certaine réalité.
Sur le plan monétaire, la BCE devrait réduire son taux vers 2,25 % au milieu de l’année 2025, de sorte à atténuer le choc extérieur en maintenant l’euro autour d’1,05 $. La Fed poursuivrait quant à elle un assouplissement régulier dont l’ampleur sera limitée par l’effet des politiques de Trump sur l’inflation. Les Fed Funds devraient se stabiliser autour de 3,50 %, dans le haut de fourchette de la neutralité. Les risques pesant sur la croissance sont nombreux.
Outre la politique commerciale, les baisses d’impôt promises aux Etats-Unis requièrent une réduction drastique des dépenses fédérales pour éviter un dérapage du déficit vers 8 ou 9 % du PIB. Cette situation engendrerait une tension sur les taux à long terme américains, susceptible d’entrainer une baisse des actifs risqués.