La montée en puissance de l’investissement responsable et des fonds qui intègrent les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) s’accompagne d’un certain nombre d’appréhensions. Ces stratégies d’investissement sont parfois accueillies avec scepticisme, notamment en ce qui concerne leur validité et leurs performances. Nous tentons ici de faire la lumière sur certaines de ces préoccupations.
Idée reçue n° 1 – L’investissement ESG est une niche
Les gouvernements, les consommateurs et les entreprises accordent une place de plus en plus importante au développement durable. Cette évolution va de pair avec l’adoption de réglementations plus strictes et la détermination d’objectifs plus ambitieux sur le climat, notamment en vue de limiter la hausse des températures mondiales conformément à l’Accord de Paris de 2015. Afin de respecter l’objectif visant à contenir le réchauffement climatique à un niveau nettement inférieur à 2 °C et de poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C, nous devons réduire considérablement les émissions de carbone. Pour ce faire, il est essentiel d’inciter le secteur mondial de l’énergie d’abandonner les combustibles fossiles au profit d’alternatives renouvelables plus écologiques.
La dynamique s’est vite enclenchée dans ce domaine. De fait, la Chine qui est aujourd’hui le plus gros émetteur de dioxyde de carbone au monde s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2060. Les États-Unis ont réintégré l’Accord de Paris, et le président Joe Biden est déterminé à remplacer l’ensemble du parc automobile du gouvernement fédéral, soit environ 650 000 véhicules, par des véhicules propres.
De son côté, l’Union européenne a dévoilé un plan de relance post-pandémie qui inclue près de 550 milliards d’euros consacrés à des initiatives vertes, ce qui représente le plus important programme d’investissement en faveur du climat jamais adopté. Qui plus est, de nombreuses entreprises multinationales, comme Microsoft et Google, se sont engagées à atteindre la neutralité carbone.
Il ne s’agit plus aujourd’hui de populariser l’investissement ESG, car cette approche semble avoir trouvé sa place dans la « nouvelle normalité ». En 2015, les Nations Unies ont fixé des objectifs de développement durable (ODD), qui visent à éliminer la pauvreté, à protéger la planète et à assurer la paix et la prospérité à toutes et à tous d’ici à 20302.
La pandémie de COVID-19 rend ces objectifs mondiaux plus cruciaux que jamais. Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à exiger une plus grande égalité, des énergies plus propres et de meilleures conditions de vie à l’échelle mondiale. Les entreprises doivent s’adapter à ces nouvelles exigences, au risque d’être dépassées. Il en va de même pour les investisseurs.
S’agissant des investissements, PwC prévoit qu’en 2025, les actifs sous gestion des fonds ESG pourraient représenter plus de la moitié des actifs investis dans des fonds communs de placement européens. Dans son rapport, « The Growth Opportunity of a Century », le groupe estime que les actifs ESG pourraient atteindre entre 5 500 milliards et 7 600 milliards d’euros d’ici à 2025 — soit entre 41 % et 57 % de l’ensemble des actifs des fonds communs de placement européens, contre 15,1 % à la fin 2019. Cette progression équivaudrait quasiment à un taux de croissance annuel composé de 29 % entre 2019 et 20253.