Dans un contexte d’évolutions économiques, politiques et sociales incessantes, les groupes internationaux se voient confrontés à la nécessité de s’y adapter en repensant leurs modes de fonctionnement opérationnels et, par conséquent, leurs politiques en matière de prix de transfert.
1. Des évolutions nécessitant des réflexions stratégiques profondes
1.1. Un contexte économique, politique et social tumultueux
Il est indéniable que la pandémie de la Covid-19 a toujours un impact sur la situation financière des entreprises dans la mesure où elles essaient de retrouver leur niveau de profitabilité antérieur à la crise. Cependant, cela est rendu difficile en raison du ralentissement de la création de revenus – ce qui est dû entre autres à la baisse de la consommation des ménages – et de la hausse des dépenses exceptionnelles (équipements de protection des employés, outils digitaux favorisant le travail à distance…).
Les entreprises industrielles sont aussi directement impactées par les confinements fréquents et de grande envergure en Chine (liés à la politique gouvernementale chinoise « zéro Covid »), y compris dans des hubs de fabrication majeurs. Cela a pour conséquence un ralentissement de l’activité de fabrication et constitue un goulot d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en biens intermédiaires et en produits semi-finis provenant principalement des pays asiatiques.
Les perspectives économiques mondiales se sont également détériorées en raison de l’invasion de l’Ukraine par la Russie – provoquant ainsi une crise humanitaire de grande ampleur en Europe de l’Est – et des sanctions économiques visant à pousser la Russie à mettre fin aux hostilités.
Au-delà des conséquences humanitaires, cette situation entraîne un risque de pénurie pesant sur de nombreuses matières premières pour lesquels la Russie était un des principaux exportateurs mondiaux : en 2020, elle...