La crise sanitaire du coronavirus et les mesures de confinement qu’elle a provoquées ont fortement détérioré les performances financières et le bilan et de nombreuses entreprises, rendant difficile leur accès au crédit corporate classique. Si les PGE ont apporté des solutions immédiates, ils pèsent eux aussi négativement sur les comptes de résultat, au regard de la courbe de reprise attendue. Dans ce contexte, le financement sur actifs est une voie privilégiée, puisque son octroi dépend avant tout de la valeur et de la liquidité de l’actif auquel le concours est adossé.
Par Jean-François Adelle, associé, et Thibault Mercier, avocat, Jeantet
L’affacturage, en assurant la mobilisation immédiate des créances du poste clients, optimise le financement du BFR du créancier en résorbant les difficultés de trésorerie conjoncturelles liées à un changement de cycle et contribuent en outre à la solidité de la supply chain de l’entreprise.
A ces facteurs de résilience en cette période de crise s’ajoute, cette année, la possibilité de dégager des ressources de trésorerie pour rembourser un PGE souscrit durant l’année 2020.
Ce mécanisme est favorable aussi bien pour l’entreprise qui y recourt que pour l’établissement financier qui acquiert les créances : le premier peut optimiser ses ratios financiers et piloter son cash-flow, et pour le second, l’affacturage est peu vorace en fonds propres.
En forte augmentation depuis plusieurs années, l’affacturage n’est plus uniquement réservé aux PME-TPE puisque 80 % à 90 % des entreprises du CAC y ont désormais recours et – preuve de ce succès toujours croissant – au premier semestre 2019, le montant des créances prises en charge dépassait les 170 milliards d’euros (soit 11 % de plus qu’en 2018).
1. Un financement désormais possible dès la prise de commande
C’est dans ce contexte, et afin de renforcer le soutien à la trésorerie des entreprises françaises mise à mal par la crise sanitaire et économique liée à la Covid-19, que la troisième loi de finances rectificative1 adoptée le 30 juillet dernier a mis en place un dispositif exceptionnel de renforcement de l’affacturage détaillé à l’article 41 de ladite loi, qui a été réfléchi et développé conjointement par le ministère de l’Economie et les grandes sociétés d’affacturage.
Alors qu’une entreprise ne pouvait se faire régler par l’affactureur qu’à partir de l’émission de la facture...