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Le risque physique, angle mort de la finance climat

Publié le 3 avril 2025 à 8h47

Séverine Leboucher    Temps de lecture 14 minutes

Les gérants peinent à estimer les pertes que pourrait subir leur portefeuille du fait de catastrophes naturelles liées au dérèglement climatique. Avec le retard pris dans la transition, le sujet remonte toutefois dans leur agenda.

Points-clés

  • L’Institut de la finance durable vient de lancer des travaux méthodologiques sur l’enjeu de l’adaptation au changement climatique, au-delà de celui de son atténuation.
  • Une étude de l’Amundi Investment Institute démontre que les marchés financiers n’intègrent pas de prime de risque particulière pour les émetteurs les plus exposés.

2024 a décroché le triste record d’année la plus chaude jamais mesurée dans le monde, à 15,1 °C soit 1,54 °C de plus que le niveau de l’ère préindustrielle. Avec des conséquences économiques palpables : selon le Swiss Re Institute, les pertes liées à des événements naturels (ouragans, inondations, incendies…) ont atteint 310 milliards de dollars l’an dernier, contre une moyenne de 241 milliards ces dix dernières années. Dans les secteurs des télécommunications, de la production d’électricité, de la construction et des matériaux, entre 10 % et 25 % des marges des entreprises sont menacées à horizon 2050, selon les estimations du BCG. A cette date, le Réseau des banques centrales pour le verdissement du système financier (NGFS) anticipe une perte de 15 % du PIB mondial, du fait des effets « chroniques » du changement climatique (hausse des températures, dérèglement des précipitations, baisse de la productivité agricole…) si aucune mesure n’est prise. Pourtant, le risque dit « physique » demeure le parent pauvre de l’analyse climatique menée par les investisseurs.

Le corollaire d’une transition retardée

Depuis l’accord de Paris en 2015, la priorité a été mise sur le risque de transition, c’est-à-dire le fait, pour une entreprise, de voir son modèle d’affaires percuté par la nécessité de réduire les émissions de carbone (changements réglementaires, évolution de la demande des clients…). Mais le risque de voir les actifs (usines, bureaux, entrepôts…) de cette même entreprise partir en fumée dans un feu de forêt ou être...

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