De l’utilisation des antibiotiques dans l’agroalimentaire au respect des droits humains dans les technologies de reconnaissance faciale, les coalitions d’investisseurs s’attaquent à des sujets de plus en plus nombreux et variés. Ces initiatives collaboratives permettent aux gérants de peser plus lourd face aux entreprises et de gagner en expertise. Mais elles sont très compliquées à mettre en place.
Avec plus de 700 sociétés de gestion rien qu’en France, l’asset management est un secteur hautement concurrentiel. Mais il est des sujets où, de plus en plus souvent, la hache de guerre est enterrée. C’est tout particulièrement le cas de l’engagement actionnarial que les gérants utilisent pour faire progresser les émetteurs qu’ils ont en portefeuille sur les sujets ESG. Depuis quelques années, de plus en plus de coalitions d’investisseurs se lancent, attirant un nombre lui aussi croissant de participants. Certaines se créent autour d’événements précis, comme les assemblées générales pour déposer des résolutions d’actionnaires (lire p. 26 l’exemple de TotalEnergies). Mais la plupart sont plus structurées et pérennes. La plus massive d’entre elles, la coalition Climate Action 100+, dédiée à la transition énergétique de plus d’une centaine d’entreprises, a dépassé les 600 signataires en 2021, soit une hausse de 170 % depuis sa création en 2017. Le réseau des PRI (Principes pour l’investissement responsable), qui s’est doté d’une plateforme pour mettre en relation ses membres qui veulent mener des initiatives d’engagement, a recensé 326 actions collaboratives en 2021, contre 229 en 2019. En France, une plateforme similaire a été créée l’an dernier par le FIR (Forum pour l’investissement responsable). « Nous sommes énormément sollicités pour participer à des initiatives collaboratives, témoigne Sophie Deleuze, analyste ESG référent, dialogue & vote chez Candriam. Nous faisons partie d’environ 35 initiatives dont une vingtaine nous demande un engagement actif. »