Après le climat, le thème de la biodiversité gagne en importance en gestion institutionnelle. Les grands investisseurs sont en train de mettre en place des politiques dédiées à ce sujet qui associent de l’engagement, de l’exclusion et des investissements ciblés sur des entreprises qui apportent des solutions et qui s’inscrivent dans une volonté de transition. Ils butent toutefois sur une offre encore insuffisante et sur un manque de données et de métriques pour évaluer ce sujet. La place de Paris s’est ainsi mobilisée à travers un appel d’offres qui a vocation à dresser les lignes directrices de cette thématique. De nombreuses sociétés de gestion devraient y participer.
- Quelle est votre définition de la biodiversité ?
- Ofi Invest AM - Données clés*
- Compte tenu de cette diversité, avez-vous établi des priorités ?
- Abeille Assurances - Données clés*
- Il existe encore peu de fonds dédiés à la biodiversité. Y a-t-il un début de consensus chez les gérants sur la façon d’aborder ce thème ?
- En France, une initiative de place regroupant une dizaine d’investisseurs institutionnels vise à encourager le lancement de fonds sur cette thématique. Celle-ci peut-elle permettre d’unifier les méthodologies ?
- OFI Invest Asset Management sera-t-il candidat ?
- Le manque d’accès aux données est-il un frein au développement de cette thématique ?
- L'engagement constitue un élément important des stratégies biodiversité. Quelles sont vos actions dans ce domaine ?
Les intervenants :
- Victoria Richard, gérante actions thématiques chez Ofi Invest Asset Management
- Jean-François Coppenolle, directeur de l’investissement chez Abeille Assurances
Quelle est votre définition de la biodiversité ?
Victoria Richard : La définition de la biodiversité est commune à tous. Au sens strict : c’est l’ensemble des êtres vivants et les écosystèmes dans lesquels ils vivent, cela comprend les interactions des espèces entre elles et avec leur milieu. Il faut associer à cela la notion de « services écosystémiques », à savoir les services rendus par la nature à l’homme gratuitement. Ils sont de quatre types : l’approvisionnement (alimentation, eau douce…), la régulation et notamment la pollinisation, les services écosystémiques de soutien avec, par exemple, la formation des sols, et enfin, la culture, la spiritualité ou encore les loisirs et le tourisme. Ces services sont gratuits et ne sont à ce titre pas comptabilisés. Selon une statistique du Forum économique mondial, plus de la moitié du PIB mondial proviendrait d’activités tributaires dans une plus ou moins large mesure de ces services écosystémiques. Enfin, la notion de « pression » doit aussi être posée en préalable à toute discussion sur la biodiversité. L’IPBES (plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) a défini les cinq grandes pressions qui pèsent sur la biodiversité : le changement d’usage des terres et des mers, la surexploitation des ressources, le changement climatique, les pollutions et les espèces exotiques envahissantes et autres nuisances.
Jean-François Coppenolle : Compte tenu des enjeux majeurs que représente la perte de biodiversité, les...