Alors que les craintes de récession mondiale s’effacent, les résultats des élections en France et aux Etats-Unis sont une source de volatilité. Les gérants restent néanmoins positifs sur les actions au second semestre, confortés par des marges d’entreprises solides et la confirmation des politiques de retour à l’actionnaire.
« Le second semestre sera éminemment politique sur les marchés, prévient Benjamin Melman, global CIO chez Edmond de Rothschild Asset Management (EDRAM). Alors qu'il y a un an, l’économie était compliquée tandis que la politique n’était pas un problème, les choses se sont inversées aujourd’hui : le risque politique a pris le dessus pendant que nous sommes devenus plus optimistes quant à l’économie. » Le gérant souligne qu’en Europe, les craintes de récession se sont éloignées. « De plus, aux Etats-Unis, l’inflation ne sera bientôt plus un sujet, ajoute-t-il. Le pivot est en train de se produire, avec une première baisse des taux de la Fed attendue en septembre. L’économie va ralentir mais nous n’allons pas vers la récession, compte tenu de la surpuissance de l’action des banques centrales. » Ce point de vue est partagé par Franck Dixmier, directeur mondial des gestions obligataires chez Allianz GI. « Il existe des éléments très rassurants sur l’inflation outre-Atlantique, précise-t-il. Notamment, le nombre de postes non pourvus recule de façon importante. Or il s’agit d’un élément clé qui signifie qu’il y aura moins de tensions sur les salaires. Nous sommes au plus bas depuis trois ans sur cet indicateur. Les conditions de taux sont actuellement très restrictives mais nous pensons que la Fed devrait revenir à une approche plus équilibrée entre plein-emploi et stabilité des prix. Nous anticipons ainsi deux ou trois baisses de taux et ne serions pas surpris de voir des mouvements de 50 points de base être anticipés progressivement sur le marché. »