En moins d’une heure, dans la nuit du vendredi au samedi 4 décembre, le bitcoin a perdu près de 20 % de sa valeur. Ce décrochage apparaît comme l’une des nombreuses péripéties du cours du bitcoin, dont le prix en 2021 a été multiplié par quatre par rapport à 2020, et par dix depuis mars 2020. Mais ce parcours est en dents de scie. Au plus bas le 20 juillet, où il est descendu en dessous de 26 000 euros, au plus haut début novembre, où il a dépassé les 58 000 euros, le bitcoin peinait à passer la barre des 45 000 euros début décembre.
Un développement quadratique
Une volatilité qui n’inquiète pas particulièrement le P-DG et cofondateur de la plateforme de change de bitcoins Paymium. « Cette volatilité ne concerne que quelques jours par an, souligne Pierre Noizat. Le reste du temps, elle est faible, avec une tendance à la hausse du prix du bitcoin. » Sa progression phénoménale sur l’ensemble de l’année reste selon lui l’événement à retenir de 2021. « Le prix du bitcoin reflète la valeur d’un sous-jacent : un réseau technologique mondial sécurisé, résistant à la censure, et permettant l’inclusion financière, explique Pierre Noizat. Ce type de réseau ne se développe pas de manière linéaire, mais de manière quadratique. Quand le nombre d’utilisateurs du réseau est multiplié par deux, sa valeur, elle, est multipliée par quatre. » L’actif technologique se trouverait dans cette phase de décollage parabolique. « D’où la croissance de son prix, de 200 à 300 % par an en moyenne. » Selon le spécialiste, le nombre croissant d’utilisateurs confortera encore longtemps cette tendance.
Les raids récurrents des spéculateurs
Un deuxième phénomène a accentué la volatilité du cryptoactif en 2021, vu d’Europe. A la hausse du prix du bitcoin liée à la mécanique d’adoption s’ajoute l’inflation consécutive à la crise de la Covid. Celle-ci augmente mécaniquement le prix du bitcoin lorsqu’il est exprimé en euros. « Le prix du baril de pétrole ou de l’or exprimé en bitcoins traduit une hausse plus raisonnable de sa valeur, corrélée à la progression de l’utilisation du réseau », assure Pierre Noizat. Il n’empêche que le cours du bitcoin ne progresse pas de manière linéaire, loin de là. Les décrochages brutaux de la courbe sont, selon le patron de Paymium, des phénomènes récurrents, habituels et temporaires. « Des spéculateurs provoquent deux ou trois fois par an des baisses ou des hausses de 10 à 20 % du prix du bitcoin sur vingt-quatre heures, relate Pierre Noizat. Lorsque ces baisses brutales se produisent, il ne faut surtout pas vendre, car les spéculateurs attendent les moments de panique des petits porteurs. Cela leur permet d’acheter des bitcoins à bas prix, et de faire ensuite d’importantes plus-values. » L’expert recommande aux investisseurs de conserver l’épargne en bitcoins plus de trois ans, afin de réaliser une plus-value qui peut atteindre jusqu’à 1 000 %… Car la progression du bitcoin devrait se poursuivre en 2022, et les raids des spéculateurs se reproduire.