Le 31 décembre 2021, l’intégration de Lyxor, pionnier européen des ETF, au sein du groupe Amundi, s’est officiellement achevée pour un prix total de 825 millions d’euros. « Cette opération nous permet d’accélérer notre potentiel de croissance dans le domaine de la gestion passive d’abord, avec un objectif de croissance de 50 % de ces encours d’ici 2025, mais aussi de conforter la position de leader dans la gestion alternative liquide qu’occupait Lyxor », souligne Valérie Baudson, directrice générale d’Amundi. L’ancienne filiale de Société Générale gérait plus de 140 milliards d’euros d’actifs au moment du closing.
Les synergies attendues
L’opération d’acquisition de Lyxor par Amundi s’est achevée à l’issue de six mois de travaux préparatoires. De nouvelles étapes devront être franchies au cours des deux prochaines années : migration informatique, fusions juridiques, et mise en place d’une nouvelle organisation. Les entités légales de Lyxor disparaîtront, fusionnées au sein du groupe Amundi. Les produits Lyxor changeront progressivement de marque, pour adopter celle d’Amundi. « Les synergies de coûts avant impôts engendrées par l’opération devraient s’élever à 60 millions d’euros annuels, que nous réaliserons en trois ans, détaille Valérie Baudson, directrice générale d’Amundi. Elles seront réalisées pour moitié sur des optimisations d’effectifs. Les réductions d’effectifs ne représenteront que 3 % des équipes combinées de Lyxor et Amundi, ce qui est inférieur au turn-over naturel d’Amundi. Il n’y aura aucun départ contraint dans cette opération. » Les synergies de revenus devraient quant à elles atteindre 30 millions d’euros en année pleine en 2025, sur la partie ETF et la gestion alternative.
Une forte demande en ETF Ucits hors d’Europe
L’acquisition de Lyxor hisse la plateforme de gestion passive d’Amundi au premier rang des fournisseurs européens d’ETF, mais ne lui permet pas de détrôner BlackRock, qui détient environ 45 % du marché européen. Les deux plateformes françaises combinées représentaient plus de 170 milliards d’euros d’actifs sous gestion au 30 septembre 2021, soit une part de marché en ETF Ucits de 14 %. « Nous souhaitons bénéficier de l’émergence de nouveaux canaux de distribution digitaux, ainsi que des services d’épargne financière et retraite en ligne », indique Fannie Wurtz, directrice de la division distribution et banque privée et des lignes métiers gestions passive et alternative. Le leader européen de la gestion d’actifs table aussi sur la forte demande de la part des institutionnels non européens, qui apprécient le format ETF Ucits, et ambitionne de devenir le fournisseur européen de référence sur ce segment en Asie et en Amérique latine, où il est déjà présent. Amundi compte enfin doubler la proportion d’ETF classés sous les articles 8 et 9 de la réglementation SFDR, qui séduisent particulièrement les investisseurs – pour atteindre 40 % de la gamme totale des ETF d’ici 2025.
La gestion alternative liquide, une nouvelle ligne métier
La filiale du Crédit Agricole a également trouvé dans la corbeille la plateforme de gestion alternative liquide sous format Ucits de Lyxor, et lancé « Amundi Alternatives », une nouvelle ligne métier dédiée à cette nouvelle expertise. L’activité de gestion d’actifs alternatifs développée par Lyxor représente actuellement plus de 23 milliards d’euros d’encours sous gestion, dont 6,3 milliards d’euros pour cette seule plateforme. Celle-ci se révèle plus accessible aux investisseurs individuels que les hedge funds traditionnels. « Le segment Ucits a bénéficié de l’ouverture du cadre réglementaire de la directive AIFM (Alternative Investment Fund Managers) en 2011, qui a apporté deux innovations majeures dans ce marché : une liquidité souvent quotidienne qui a permis de fluidifier les investissements, et l’abaissement des seuils minimaux d’investissements, qui les a ouverts au plus grand nombre », explique Fannie Wurtz. Encore des perspectives de développement intéressantes pour le premier gestionnaire d’actifs européen.