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La guerre en Ukraine conduit les institutionnels à revoir leur méthodologie ESG

Publié le 8 avril 2022 à 12h24

Sandra Sebag    Temps de lecture 3 minutes

Pour évaluer les conséquences macro-économiques et financières de la guerre en Ukraine sur les portefeuilles des investisseurs institutionnels et professionnels, le cabinet de conseil bfinance a réalisé un sondage éclair entre le 29 mars et le 4 avril, auprès de 418 d’entre eux situés dans 39 pays et représentant 9 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion. L’exposition directe à la Russie au début du premier trimestre, si elle pouvait être variable d’un acteur à l’autre, concernait tout de même la moitié des sondés. La majorité d’entre eux a cherché à sortir de ces actifs et s’en est souvent trouvée empêchée par leur illiquidité. Les investisseurs français sont largement au-dessous de cette proportion, puisque seulement 25 % des sondés étaient exposés directement aux actifs russes avant le début des événements.

Des problématiques d’image et de réputation

Plus fondamentalement, les investisseurs souhaitent revoir la façon dont ils conçoivent leur méthodologie ESG à la lumière des derniers événements. « 39 % des investisseurs ont déclaré que les récents développements géopolitiques ont déjà conduit ou conduiront à une réévaluation de l’approche ESG, explique Olivier Jéséquel, directeur chez bfinance. Cela témoigne, si besoin était, de la complexité de mise en œuvre des politiques ESG, qui doivent associer différents objectifs parfois contradictoires et qui soulèvent des problématiques d’image ou de réputation. » Du côté des classes d’actifs, la palme de la satisfaction (57 % des sondés) à l’égard de la performance des gérants revient aux hedge funds et aux stratégies alternative risk premia. « Les chiffres ne sont pas encore disponibles pour corroborer un lien entre satisfaction et performances des stratégies elles-mêmes, commente Olivier Jéséquel. Mais nous pouvons supposer que ces stratégies se sont relativement bien comportées sur l’ensemble du premier trimestre, par rapport à celles figurant en bas de classement, à savoir la dette émergente et les actions émergentes. » Du côté des scénarios macro-économiques, l’inflation semble davantage préoccuper les investisseurs institutionnels que la hausse des taux d’intérêt en tant que telle. « Cette dernière peut même se révéler bénéfique pour certaines catégories d’investisseurs, selon leur équilibre actif/passif notamment, explique Olivier Jéséquel. En revanche, la plupart sont impactés par l’inflation qui érode les rendements réels, voire le capital engagé. » Pour les prochains mois, les stratégies qui devraient avoir le vent en poupe sont de nouveau les actifs réels, avec à leur tête les investissements en infrastructure. 

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