La dernière enquête de France Invest sur l’activité des acteurs français du capital-investissement et des fonds d’infrastructure met en évidence une reprise dynamique, en début d’année, des investissements comme des levées de capitaux auprès d’investisseurs. Avec plusieurs évolutions remarquables.
Numérique et santé attirent les investissements
Les montants investis par le private equity ont en effet atteint 10,5 milliards d’euros début 2021, ce qui représente une croissance de 35 % sur un an. « Celle-ci profite à tous les segments, souligne Claire Chabrier, présidente de France Invest : + 43 % pour le capital-innovation, + 44 % pour le capital-développement, + 30 % pour le capital-transmission. Elle confirme les tendances qui sont celles que nous avions déjà identifiées en 2020 : d’une part, une progression des montants investis sur le numérique (69 %), liée à l’accompagnement des projets de digitalisation des entreprises. D’autre part, la santé est devenue dans le contexte de crise sanitaire, un secteur prioritaire. Nous avions enregistré en 2020 une croissance des montants investis dans ce secteur de 50 %. Celle-ci reste forte en 2021 : 2,2 milliards d’euros investis, soit une hausse de 8 %. La santé est désormais notre deuxième secteur d’investissement, presque à égalité avec les biens et services de consommation. »
L’épargne des particuliers en ligne de mire
Du côté des levées de fonds, les résultats sont tout aussi spectaculaires. Au premier semestre 2021, les fonds de private equity ont ainsi levé 10 milliards d’euros, un montant en hausse de 35 % par rapport à l’année dernière, qui profite à tous les métiers, notamment le capital-innovation (+183 %) et le capital-développement (90 %), qui établissent des records historiques. Les levées de capitaux destinées au capital-transmission régressent très légèrement sur un an (-1 %), mais représentent toujours la moitié des affectations.
Les fonds de fonds sont les premiers contributeurs du capital-investissement, avec 28 % des souscriptions, loin devant les assureurs (14 %) et les banques (11 %). Fait marquant : la hausse exceptionnelle de 57 % sur un an des capitaux levés auprès des particuliers et family offices, qui les propulse devant les assureurs. Leur contribution s’élève à 1,7 milliard d’euros, et représente 17 % du total des montants investis. « Particuliers et family offices sont devenus les deuxièmes souscripteurs de nos fonds, se félicite Claire Chabrier. Ils montrent leur intérêt pour un investissement qui apporte à la fois du rendement et du sens. » France Invest s’est d’ailleurs fixé comme objectif de lever 10 milliards d’euros par an auprès des particuliers d’ici cinq ans, notamment à travers l’orientation de l’épargne.
Infrastructure : des levées de capitaux exceptionnelles
Les montants investis au premier semestre 2021 dans des projets d’infrastructure s’élèvent à 3,1 milliards d’euros. Ils ont profité à 82 opérations, au lieu de 43 à la même période l’an dernier. Les télécoms, l’infrastructure sociale et l’énergie captent une part croissante des fonds – particulièrement les énergies renouvelables dont les montants investis ont été multipliés par cinq en un an.
Quant aux levées de capitaux dédiées aux projets d’infrastructure, elles ont atteint 8,4 milliards d’euros au premier semestre 2021, un niveau exceptionnel. « Il s’agit d’un marché très concentré autour d’un petit nombre de très gros acteurs, détaille Simon Ponroy, directeur des études économiques et statistiques chez France Invest. Quand l’un d’eux lève des capitaux, il impacte fortement nos statistiques. » Les caisses de retraite et fonds de pension sont les premiers souscripteurs des fonds d’infrastructure, avec 39 % des montants levés, suivis des compagnies d’assurances et mutuelles (23 %), des fonds de fonds (22 %), et des fonds souverains (5 %).