FINANCEMENT

Les PME et ETI de la défense dégagent des marges plus faibles que les autres

Publié le 21 mars 2025 à 13h49

 Temps de lecture 3 minutes

Les entreprises de la défense souffrent d’une structure financière plus fragile que dans le reste de l’économie, selon une étude de l’Observatoire économique de la défense et de la direction générale du Trésor. Celle-ci compare un échantillon de 2 072 entreprises de la Base industrielle et technologique de défense (BITD) à 88 637 sociétés des mêmes secteurs (industrie, ingénierie, logiciels…) hors BITD. Entre 2016 et 2021, les PME et ETI de la BITD se caractérisaient par des marges plus faibles, un endettement plus élevé et une potentielle sous-capitalisation.

Ainsi, les entreprises de la BITD, quelle que soit leur taille, affichaient des taux de marge moyens et médians inférieurs. Par exemple, les ETI de la BITD avaient un taux de marge médian de 15 %, contre 24 % pour les entreprises comparables. Une différence qui s’observe aussi en comparant les excédents bruts d’exploitation (EBE). En effet, « à chiffre d’affaires, valeur ajoutée, secteur et âge comparables, les ETI et PME de la BITD dégagent un moindre EBE (donc une moindre rentabilité) que le groupe de référence », souligne l’étude.

De plus, les ratios d’endettement des entreprises de la défense étaient plus élevés qu’au sein de l’échantillon comparatif, particulièrement dans l’industrie, l’ingénierie et le cyber. A cette problématique s’ajoute une moindre capacité à dégager des résultats pour renforcer leurs fonds propres. En conséquence, le taux d’apport direct des actionnaires dans les capitaux propres des entreprises de la BITD était plus élevé, avec un taux médian d’environ 25 % en 2021, contre environ 10 % au sein des autres secteurs. Selon Bercy, pour répondre aux commandes prévues par la loi de programmation militaire d’un total de 17,5 milliards d’euros d’ici 2030, les entreprises de la défense devront mobiliser de 5 à 7 milliards d’euros de nouveaux financements, dont 1 à 3 milliards d’euros de fonds propres.

Au cours des dernières années, le renforcement du soutien financier à la BITD s’est déjà manifesté par la création, en 2018 et 2021, de deux fonds gérés par Bpifrance qui investissent en fonds propres et quasi-fonds propres : Definvest et le Fonds innovation défense. Cependant, ces deux fonds, qui agissent toujours en co-investisseur, ne prennent que des participations minoritaires, avec des tickets d’au maximum 30 millions d’euros. De plus, ils ne sont actuellement dotés que de respectivement 100 et 200 millions d’euros. Pour combler les besoins, la banque publique d’investissement a annoncé le 20 mars le réabondement, à hauteur de 75 millions d’euros, du Fonds innovation défense et la création d’un fonds evergreen baptisé « Bpifrance Défense ». D’une taille cible de 450 millions d’euros, il permettra aux particuliers d’investir dès 500 euros, via des produits d’assurance-vie ou en direct, pour une durée minimale de cinq ans.

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