En tentant de mettre la main sur Carrefour, le groupe québécois Couche Tard a pris le risque calculé de se heurter au veto de Bercy. En effet, la réglementation française sur le contrôle des investissements étrangers prévoit que le gouvernement puisse s’opposer au rachat d’une entreprise évoluant dans un secteur considéré comme stratégique pour la France. Ce qui est précisément le cas de Carrefour. « La production, la transformation et la distribution de produits agricoles, lorsque celles-ci contribuent aux objectifs de sécurité alimentaire nationale, ont été incorporées par décret dans la liste des secteurs protégés en décembre 2019, au même titre que la presse écrite ou certaines technologies », indique Pierre Mudet, avocat associé au sein du cabinet Ginestié Magellan Paley-Vincent. Après le refus exprimé la semaine dernière par Bruno Le Maire, les chances de Couche Tard d’acquérir Carrefour paraissent donc bien minces, mais pas inexistantes. « L’entreprise québécoise peut encore tenter de convaincre le gouvernement en mettant en avant les avantages économiques d’une telle opération pour sa cible, voire, en dernier recours, en apportant des garanties pour que les marges de manœuvre opérationnelles et les actifs de Carrefour, tout comme l’emploi, soient préservés », estime Pierre Mudet. Avec le risque d’essuyer un nouveau refus.
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Pourquoi Couche Tard a peu de chances d’acquérir Carrefour
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