De Trump à l’Allemagne : les forces derrière la pentification des courbes de taux

Publié le 7 mars 2025 à 16h31

Thierry Million    Temps de lecture 2 minutes

Les courbes de rendement avaient déjà amorcé un mouvement de pentification (augmentation des taux longs plus marquée que celle des taux courts) en raison des politiques de réduction des taux monétaires des banques centrales.

Cette tendance s’est accélérée depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, qui a annoncé des relèvements massifs de droits de douane, à la fois inflationnistes et récessionnistes, atteignant 12 % en moyenne, niveau qui prévalait avant l’accord de libre-échange du 1er janvier 1948. De plus, les pays européens, contraints d’augmenter leurs dépenses militaires, doivent trouver des financements par une combinaison de dette nationale, des fonds NGEU existants et d’un éventuel nouveau mécanisme. A cela s’ajoute l’abandon surprise par l’Allemagne de son orthodoxie budgétaire, la Chambre des députés s’apprêtant à voter la création d’un fonds spécial de 500 milliards d’euros, associé à un budget consacré à la défense exempté du fameux « frein à la dette » dès lors que ces dépenses dépasseraient 1 % du PIB. Dans tous les cas, face aux augmentations à venir des émissions obligataires et à l’aggravation des déficits, les investisseurs exigent dès à présent une prime de terme supplémentaire, ce qui accentue encore la pentification.

Thierry Million Directeur de la gestion obligataire ,  Allianz Global Investors France

Thierry Million est directeur de la gestion obligataire d'Allianz Global Investors France. Ingénieur diplômé en Informatique de l’Institut de Recherche polytechnique de Mulhouse, titulaire d’un DESS en finance de l’Institut Supérieur de Gestion et diplômé de la SFAF, Thierry Million débute sa carrière en 1987 en tant que courtier et responsable de la Trésorerie chez Dynabourse. Il est ensuite gérant obligataire à la Banque Vernes. En 1994 il rejoint Dresdner RCM Gestion en tant que directeur de la gestion obligataire. En 2001 il devient Responsable des activités Product Management et Conseil d’AGF Asset Management. A partir de 2003, il prend la responsabilité des portefeuilles diversifiés des institutionnels et entreprises, ainsi que de la recherche quantitative et économique. En 2006, il est nommé directeur de la recherche économique et quantitative et du Conseil, puis directeur de la gestion obligataire d’Allianz Global Investors en 2008. Depuis 2013, il est directeur de la gestion obligataire institutionnelle.

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