La Banque centrale européenne refuse de baisser fortement ses taux d’intérêt, alors même que la conjoncture de la zone euro le justifierait. Une prudence liée notamment aux incertitudes internationales concernant la politique que Donald Trump pourrait mettre en œuvre début 2025. Aussi bien sa politique migratoire que sa politique commerciale sont susceptibles de relancer l’inflation.
Il y a la logique économique et la logique de prudence. D’un point de vue économique, la BCE aurait pu baisser ses taux directeurs de 50 points de base lors de la dernière réunion du conseil de ses gouverneurs, le 12 décembre, et non pas de 25 points de base, comme elle l’a finalement décidé. En effet, sa présidente, Christine Lagarde, a annoncé une baisse modérée du taux directeur principal, la facilité de dépôt, ramené de 3,25 % à 3,00 %. Mais elle a admis dans un même mouvement que la politique monétaire restait restrictive en zone euro, et qu’elle contribue donc à affaiblir l’économie, alors même que celle-ci aurait plutôt besoin de dopant (voir encadré). La logique macroéconomique eût donc été d’ôter rapidement à la politique monétaire son caractère restrictif, en baissant fortement et sans attendre les taux directeurs, comme le suggérait d’ailleurs le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, ces dernières semaines. Il n’a cependant pas obtenu gain de cause face aux pays du Nord, Allemagne en tête, et la logique de prudence l’a emporté. Interrogée lors de la traditionnelle conférence de presse suivant la réunion de politique monétaire sur la nécessité de relancer la demande en Europe, Christine Lagarde a répondu que « chacun doit faire son job ». Autrement dit, il revient non à la BCE mais plutôt aux gouvernements de « trouver les moyens de mener une politique de croissance tout en assainissant les finances publiques », a déclaré sa présidente.
Une nécessaire maîtrise de l’inflation
Ce...