Avec plus de 21 milliards d’euros d’encours sous gestion, l’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique continue de diversifier ses placements. Il vient également de voir ses règles d’investissements s’assouplir, ce qui va augmenter ses marges de manœuvre sur les marchés.

Quel bilan tirez-vous de l’année 2014 ?
Philippe Desfossés, directeur de l’ERAFP : La baisse des taux s’est poursuivie en 2014 avec, sur les six derniers mois de l’année, un recul d’au moins 100 points de base supplémentaire. Désormais, un peu plus d’un quart de la dette publique en zone euro est en territoire négatif. Pour les investisseurs, il ne s’agit pas d’une très bonne nouvelle, en particulier pour ceux qui investissent afin d’honorer et de rémunérer un passif, ce qui est le cas pour beaucoup d’assureurs et de fonds de pension, comme l’ERAFP, régime dont bénéficient 4,5 millions de fonctionnaires.
Si la performance sur le marché obligataire souverain a été exceptionnelle l’an dernier, elle n’a en fait pas grand sens pour un investisseur en «buy and hold», c’est-à-dire qui conserve les titres jusqu’à leur échéance. Pour réaliser une plus-value obligataire, il faut en effet vendre le titre. Mais la question est de savoir ensuite dans quoi réinvestir. L’ERAFP va encore avoir 2 milliards d’euros de cash-flow net positif par an, durant les 10 prochaines années. Il devient donc très difficile de trouver des opportunités sur les marchés obligataires.
De plus, les liquidités injectées massivement par les banques centrales vont affecter toutes les classes d’actifs. Nous nous interrogeons donc sur le niveau de prix de certains actifs à l’avenir. Les marchés actions ont certes affiché de bonnes performances l’an dernier, surtout à l’international. Mais nous n’avons pu profiter qu’en partie de cette hausse puisque nos...