Le FRR délègue la totalité des 36 milliards d’euros qu’il gère à une cinquantaine de sociétés de gestion. S’il a adopté depuis plusieurs années une approche assez liquide de ses placements, il commence à revoir cette stratégie en investissant davantage sur le long terme.
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Comment a évolué l’approche de gestion du FRR ?
Salwa Boussoukaya-Nasr, directrice financière - Fonds de réserve pour les retraites : Lancé initialement en 2003 pour pérenniser sur le long terme le système des retraites français, le Fonds de réserve pour les retraites (FRR) a vu son rôle évoluer en 2010 à la suite de la loi sur la réforme des retraites. Le modèle d’allocation, prévu initialement en fonction de premiers décaissements à horizon 2020 et d’un abondement jusqu’en 2040, a dû être revu pour pouvoir faire face à des sorties de capitaux plus rapides que prévu. Depuis quatre ans, le FRR ne reçoit, en effet, plus d’abondement et doit verser chaque année, et ce jusqu’en 2024, 2,1 milliards d’euros à la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades). Notre horizon d’investissement a, de fait, été réduit. En 2010, nous avons donc suspendu un certain nombre de programmes d’investissement que l’on avait lancé dans le private equity, les infrastructures, ou même l’immobilier. Tous les placements de très long terme ont en effet été arrêtés pour privilégier la liquidité. Notre allocation stratégique s’est focalisée sur des placements aisément mobilisables, nous permettant ainsi d’honorer chaque année notre versement à la Cades.
Quelle est la répartition actuelle de l’allocation d’actifs ?
Salwa Boussoukaya-Nasr : Notre allocation d’actifs se répartit dans deux poches d’investissements distinctes. La première, représentant 54 % de nos encours, est constituée d’actifs de couverture, à savoir uniquement des obligations de l’Etat français (OAT) et des dettes d’entreprises de bonne...