La période de sortie de crise sanitaire s’est accompagnée d’un élan exceptionnel sur le marché des fusions-acquisitions. Mais la combinaison de la guerre en Ukraine et du renchérissement de l’inflation a enrayé la machine. Les process se rallongent et les négociations se durcissent. Si les niveaux d’activité restent élevés, les perspectives sont plus incertaines à moyen terme.
L’heure n’est plus à la frénésie. Le M&A semble revenir à des niveaux « plus normaux », d’avant crise sanitaire, avec un ralentissement global des opérations, tous secteurs confondus. Après deux années de forte croissance et de climat très favorable aux vendeurs, la tendance se renverse en faveur des acheteurs. Nombre de cabinets d’avocats d’affaires, sondés dans le cadre de notre classement, s’attendent à un marché encore soutenu d’ici la fin de l’année, mais constatent dans le même temps une forme d’attentisme depuis le printemps. Les incertitudes sont fortes compte tenu du contexte économique, international et politique. Et les premiers effets n’ont pas tardé à se faire sentir depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Le secteur des fusions-acquisitions doit faire face à des taux qui augmentent, des financements qui sont plus difficiles à lever et des secteurs touchés par la crise énergétique. Si le mid et le small cap sont pour l’heure plutôt préservés, surtout sur les secteurs résilients, les deals de taille significative sont particulièrement dans le collimateur en raison du resserrement du marché de la dette. Plusieurs process se sont même arrêtés dans le cadre d’opérations supérieures à un milliard d’euros. « Nous nous trouvons dans une phase d’ajustement des valorisations entre le monde d’avant et le monde d’après », constate Henri-Pierre Vacher, partner private capital au sein du cabinet de conseil en stratégie Oliver Wyman.
Cela n’a pas empêché Bouygues de...