Les changements majeurs enregistrés par leur environnement depuis quatre ans ont conduit les entreprises à modifier leur appréhension de la performance. Non seulement celle-ci doit désormais tenir compte, sur le plan financier, de nouveaux facteurs comme l’inflation, mais elle doit aussi plus largement englober la dimension extra-financière.
Le monde est-il entré dans une phase de « permacrise » ? Ce néologisme, apparu en 2022 dans le dictionnaire anglais « The Collins Dictionary » comme la contraction de « permanent » et de « crisis », s’impose désormais dans le langage courant pour désigner un état de crises perpétuelles, aux causes multiples. Dans son étude sur les « Priorités 2024 des directions financières », le cabinet PwC n’hésite pas à mettre la notion en avant, expliquant ainsi une économie durablement marquée par la volatilité et les incertitudes géopolitiques. « Nous sommes sortis de la période Covid sans pour autant revenir à un monde stable : les entreprises n’ont jamais retrouvé de visibilité », affirme Laurent Morel, associé chez PwC France et Mahgreb. Dans ce contexte, ces dernières sont contraintes de réviser leurs objectifs en termes de performance. « Dans un cycle de ralentissement économique, les entreprises ne peuvent pas espérer reproduire les rentabilités passées, estime Bertrand Allard, partner chez Argon & Co. L’enjeu est de rester plus performante que ses concurrentes. » Un objectif plus difficile à atteindre qu’en période de croissance. D’abord parce que le contexte économique a été bouleversé par le retour de l’inflation et la hausse des taux d’intérêt, ce qui se traduit par des coûts nouveaux pour les entreprises. Ensuite parce que, avec la montée en puissance des thématiques ESG, la notion de performance ne se limite plus à la seule sphère financière.
Le retour aux fondamentaux
Dans un premier temps, néanmoins,...