Détenteurs de forêts dont ils délèguent la gestion très technique à des spécialistes, les investisseurs institutionnels adorent cet actif diversifiant au rendement stable, qui leur offre de multiples avantages en matière d’ESG. Les forêts nécessitent toutefois une approche très exigeante face aux périls induits par le réchauffement climatique et les épidémies.
Certains professionnels en sont restés sans voix : « plus de deux fois et demi le prix du marché ! », relate l’un d’entre eux… L’acquisition en décembre dernier par Crédit Mutuel de la forêt de Dambach, un joyau de 4 600 hectares peuplés d’un million d’arbres appartenant à sept essences – une diversité rare –, dont certains ont été prélevés pour la restauration de Notre-Dame de Paris, s’est en effet conclue à un niveau de prix à la hauteur du caractère d’exception de celle-ci. Conclue dans le cadre d’une succession, l’opération a surtout mis un coup de projecteur sur les actifs forestiers, recherchés aujourd’hui comme de l’or par les investisseurs institutionnels : Groupama, Maif, Macif, mais aussi en premier lieu la Caisse des Dépôts, figurent parmi les principaux détenteurs de forêts en France aujourd’hui, que ce soit en direct ou par le biais de véhicules comme des GFF (Groupements Fonciers Forestiers) ou GFI (Groupements Forestiers d’Investissement).
Recherchée pour ses vertus écologiques
Dans un contexte de volatilité accrue sur les marchés financiers, les forêts offrent en effet des rendements pérennes non négligeables (principalement issus des loyers de chasse et ventes de bois), autour de 2 %. « Le rendement de nos actifs forestiers reste stable d’année en année et nous considérons qu’il s’agit ainsi d’un très bon actif de diversification, protecteur contre l’inflation, le prix du bois coupé suivant naturellement celle-ci, explique Thierry Vallet, adjoint au directeur des investissements en charge des...