La première « mananagement company » française a vu le jour voilà quelques mois, à Saint-Ouen près de Paris. Cette société de gestion sans gérants, conçue sur le modèle de la manco luxembourgeoise et agréée par l’AMF, dispense des prestations d’hébergement de fonds et de services support pour d’autres sociétés de gestion.
Confortablement installée à la Manufacture, l’ancienne halle « Alstom » du quartier des Docks à Saint-Ouen, la jeune société Manco.Paris entend mettre à profit cette rentrée pour, enfin, faire parler d’elle. « Nous n’avons pas été aidés par la situation sanitaire, résume, quelques mois après son lancement, Jérôme Coirier, son président et cofondateur. S’il est possible de gérer la partie opérationnelle à distance, acquérir de nouveaux clients et lancer des projets innovants dans ces conditions est autrement plus compliqué. »
450 à Luxembourg, une seule à Paris
Alors qu’il existe 450 « manco », ou « management companies » à Luxembourg, il n’y en avait aucune en France jusqu’à l’année dernière. « Dans le monde de la gestion, le terme désigne la société de gestion hébergeante, la plupart du temps luxembourgeoise, très différente de la structure française », explique André Mayens, directeur général de Manco.Paris. En France, les sociétés de gestion sont dites « pleines et entières ». On y trouve des gérants (le front office), et les autres métiers qui permettent à ces derniers de travailler, avec toutes les fonctions internalisées : middle-office, back-office, conformité, contrôle interne et risque de marché, reporting réglementaire et à destination de la clientèle, et force de vente. Le calcul de la valeur liquidative est le plus souvent externalisé, mais il reste sous la responsabilité de la société de gestion. A l’international, le marché est plus segmenté : la société de gestion gère ses portefeuilles et ses...