Le Club des Trente s’apprête à décerner son prix de la meilleure opération financière au titre de 2022. Seulement cinq dossiers ont été sélectionnés cette année. Comment jugez-vous ce cru ?
Claude Laruelle, président du jury du Club des Trente, et directeur général adjoint en charge des finances de Veolia : Comparé à 2021, année record pour les M&A en termes de montant, l’année 2022 a été nettement moins porteuse en termes de candidatures que la précédente, car les opérations financières ont été beaucoup moins nombreuses. Les acquisitions d’envergure ou réellement transformantes ont ainsi été plus rares. Certains secteurs ont toutefois été actifs, comme celui de l’énergie au sens large. Nous observons également l’arrivée de dossiers post-Covid, c’est-à-dire portant sur des restructurations financières.
Plus globalement, deux tendances se dégagent. D’abord, les dossiers qui nous sont soumis concernent des entreprises au profil plus divers qu’auparavant : il n’y a pas que dans les grands groupes qu’il se passe des choses intéressantes ! Même dans les start-up, le vivier de candidats potentiels est large. L’autre tendance très nette concerne la thématique ESG : c’est un enjeu pour toutes les entreprises que nous avons interrogées, qui la considèrent une opportunité de développement.
Les dossiers retenus concernent une acquisition, deux introductions en Bourse et deux restructurations financières. Comment les avez-vous sélectionnés ?
Nous cherchons à récompenser des sociétés pour le mouvement stratégique qu’elles ont opéré et la qualité de son exécution. La plupart des dossiers retenus s’inscrivent dans une démarche de transformation et notamment la transformation écologique, même si celle-ci peut prendre des formes différentes. Vinci a ainsi acquis Cobra IS, l’activité énergie de l’espagnol ACS, pour accélérer son...