Conséquence directe de la crise des «Gilets jaunes», un certain nombre d’entreprises se sont tournées vers l’affacturage pour faire face à des tensions de trésorerie. Mais l’intégralité de ces demandes n’a pas été satisfaite, la dégradation de la santé financière de nombreuses sociétés ayant conduit les factors à durcir leurs modalités de financement.
Les spécialistes de l’affacturage ne manquent pas de sollicitations. Enregistrant depuis près de dix ans une activité en forte croissance – le montant des créances prises en charge en France ayant quasiment triplé sur la période –, ils ont encore vu leur production bondir de 10,3 % en rythme annuel durant les neuf premiers mois de 2018. Les statistiques n’ont toujours pas été publiées par l’Association française des sociétés financières (ASF), mais leur performance relative au quatrième trimestre de l’année dernière devrait être du même acabit. Une perspective qui tient en partie à la crise des Gilets jaunes. Pour faire face à l’urgence de la situation (voir encadré) et financer leur besoin en fonds de roulement, de nombreuses entreprises n’ont en effet pas eu d’autre choix que de recourir au crédit fournisseur, d’utiliser leurs lignes de découvert bancaire et, surtout, de se tourner vers des factors. Parmi eux, des fintechs spécialisées, à l’instar de Finexkap, ont ainsi eu à gérer une hausse substantielle du volume de créances cédées en fin d’année. «Notre clientèle principale, les petites entreprises, a été plus particulièrement touchée par le mouvement des Gilets jaunes, constate Cédric Teissier, cofondateur et dirigeant de Finexkap. En décembre, nous avons ainsi financé plus de 15 millions d’euros de factures, contre 10 millions en moyenne au cours des mois précédents. Soit une augmentation de 50 % du volume des créances cédées.»
Des délais octroyés
Certes, tous les acteurs n’ont pas...