Alors que la crise du coronavirus va entraîner une dégradation du profil de crédit de nombreuses entreprises, de nature à restreindre leur capacité à s’endetter, les pouvoirs publics et la Banque centrale européenne ont déployé des mesures historiques (voir aussi p.13) pour garantir l’accès des TPE, PME, ETI et grands groupes aux financements de court et moyen termes.
Aux grands maux, les grands remèdes ! Alors que la crise du coronavirus va plonger de nombreuses économies dans la récession – le gouvernement français table à ce jour sur un recul du PIB domestique de 1 % en 2020, contre une prévision de + 1,3 % retenue dans la loi de finances pour 2020 –, la priorité des autorités va à la préservation, «quoi qu’il en coûte», comme l’a rappelé Emmanuel Macron, du tissu industriel et commercial. Dans ce contexte, les banques privées, Bpifrance et la Banque centrale européenne ont mis en œuvre, la semaine dernière, des dispositifs d’ampleur visant à sécuriser l’accès des entreprises aux diverses sources de financement par dette.
Des grands groupes aux trésoreries abondantes
La situation est, il est vrai, d’ores et déjà critique. Certes, les grands groupes hexagonaux disposent de liquidités abondantes : selon la dernière étude de Redbridge sur le financement des entreprises, celles du SBF 120 détenaient à fin 2018 une trésorerie de 278 milliards d’euros, soit 45 % de leur endettement brut.
En outre, d’après la Banque de France, les sociétés non financières, toutes tailles confondues, disposaient à fin janvier 2020 de 309,7 milliards d’euros de lignes de crédit mobilisables auprès de leurs partenaires bancaires. Il n’empêche, de nombreuses TPE et PME se retrouvent aujourd’hui à court de trésorerie, comme l’illustrent les milliers d’appels quotidiens reçus par les équipes de Bpifrance.
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