La commission des sanctions de l’AMF a examiné vendredi les griefs retenus à l’encontre de LVMH dans le cadre de sa montée au capital d’Hermès en 2010.
Le groupe LVMH a-t-il élaboré dès 2001 ou, au plus tard à partir de 2007, une stratégie occulte de prise de contrôle d’Hermès ? C’est sur cette question délicate que s’est penchée la commission des sanctions vendredi dernier. Tout commence au début des années 2000. A cette époque, LVMH acquiert discrètement 4,9 % du capital d’Hermès via deux de ses fi liales situées respectivement au Luxembourg et dans l’Etat du Delaware. La participation n’apparaît nulle part, pas même dans les comptes. Puis, en 2007, les conseils de LVMH commencent à monter des scénarios de prise de contrôle d’Hermès.
Dans le même temps, la banque Nexgen propose à LVMH de souscrire des equity swaps sur le titre Hermès. Visiblement, ces montages sont à la mode. En Italie, Fiat est l’objet d’une prise de contrôle par le biais d’equity swaps, de même que la société américaine CSX Corp ou encore, en France, Saint Gobain. LVMH se lance dans l’opération en 2008. A travers deux filiales, l’une au Luxembourg l’autre à Hong Kong, elle contracte des equity linked swaps auprès de Nexgen pour l’équivalent de 4,7 % du capital d’Hermès, de Société Générale pour 4,5 % et de Crédit Agricole Investment Bank (CACIB) à hauteur de 3 %. En juin 2010, le groupe de luxe envisage de dénouer par anticipation ces contrats et cherche le meilleur scénario possible. Finalement, il opte pour un dénouement en actions et non en numéraire, comme initialement prévu. Le conseil d’administration entérine l’opération le 21 octobre suivant. Le...