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Politique monétaire - La BCE optimiste malgré tout 

Publié le 26 janvier 2024 à 10h39

Ivan Best    Temps de lecture 7 minutes

Même si des incertitudes subsistent concernant la situation géopolitique et l’évolution des salaires en zone euro, la BCE ne ferme pas la porte à une baisse des taux dès le mois d’avril, anticipée par les marchés. Les indices des prix de janvier et février, qui détermineront pour une grande part les prochaines prévisions de la banque centrale, seront déterminants.

La Banque centrale européenne (BCE) est capable de faire monter les marchés par ses seuls silences. Dans son communiqué annonçant jeudi 25 janvier le maintien des taux d’intérêt directeurs à leur niveau actuel (4 % pour la facilité de dépôt, 4,5 % pour la facilité de refinancement et 4,75 % pour celle de prêt marginal), la BCE n’a livré aucune information concernant le calendrier de futures baisses de taux, Christine Lagarde jugeant « prématurées » les discussions sur le sujet.

Mais ce silence a suffi à rassurer les investisseurs, puisqu’il signifie à leurs yeux que rien n’est exclu, notamment un premier assouplissement de la politique monétaire dès le mois d’avril, comme l’anticipe désormais le marché. Cette absence d’information ainsi que le ton plutôt rassurant adopté par la présidence de la BCE pendant la traditionnelle conférence de presse suivant la décision de politique monétaire ont réussi à provoquer une détente significative des rendements des titres souverains (de 7 à 12 points de base selon les maturités).

Pourtant, si « la hausse des prix ralentit comme prévu », comme le relève Christine Lagarde, la bataille contre l’inflation est encore loin d’être gagnée, souligne la présidente de la BCE. Elle met en avant les risques géopolitiques, comme la possibilité d’un embrasement au Proche-Orient, susceptibles de provoquer une hausse des prix du fret et du pétrole, et surtout la faiblesse du taux de chômage en zone euro (à 6,4 %, soit le niveau le plus bas depuis le lancement de la monnaie unique), synonyme de tensions possibles sur le marché du travail et donc de dérives salariales alimentant l’inflation.

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