Face à la réouverture timide des marchés de CLO en Europe, les gestionnaires commencent à déployer leur offre de fonds outre-Atlantique. Une stratégie opportuniste qui pourrait néanmoins être remise en cause par la réglementation.
Le marché européen des Collateralized Loan Obligation (CLO), c’est-à-dire les fonds de titrisations de créances, a connu une timide reprise en 2013. «Après avoir réuni jusqu’à près de 35 milliards d’euros en 2007, les fonds spécialisés sur ce type de dette n’ont levé en Europe que 7 milliards d’euros en 2013 et seulement 2 milliards depuis le début de l’année. Le marché européen des CLO n’a pas retrouvé encore la même dynamique que son homologue américain, qui a levé quant à lui plus de 80 milliards de dollars en 2013 et 20 milliards depuis le début de l’année», indique Frédéric Méreau, directeur d’investissement direct lending & mezzanine d’Alcentra, filiale de BNY Mellon.Le retard du marché européen pourrait même se creuser à l’avenir compte tenu des nouvelles contraintes réglementaires.
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«Les directives CRD IV et Solvabilité 2 vont obliger le gestionnaire ou son sponsor à conserver en fonds propres 5 % du montant du fonds de CLO, souligne Jean-Philippe Levilain, responsable de l’équipe financement structuré d’Axa IM aux Etats-Unis. Dans ces conditions, ce type de produits va devenir plus coûteux à mettre en place, ce qui risque d’entraver leur développement sur le marché européen.» Les analystes anticipent d’ailleurs seulement un montant de 10 à 15 milliards d’euros levés pour les CLO européens cette année. Face à ce constat, certains gestionnaires européens ont décidé de se lancer sur le marché américain.
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