La dernière réunion du Parti communiste chinois a été l’occasion pour le nouveau pouvoir en place d’annoncer des réformes ambitieuses visant à changer de modèle de développement. Une nouvelle stratégie qui mettra du temps à créer une véritable classe moyenne à l’échelle de la Chine. En attendant, les gérants misent déjà sur cette «nouvelle économie».
Avec un taux de 7,7 % en 2013, la croissance de la Chine est loin des niveaux atteints en 2010 et durant l’ensemble de la décennie précédente, où son taux de croissance ressortait à plus de 10 %. Selon les spécialistes, la progression de la croissance chinoise devrait se situer dorénavant dans une fourchette comprise entre 7 % et 8 %. Un taux encore enviable, mais qui n’en témoigne pas moins de l’épuisement de son modèle de développement.
Schématiquement, l’économie chinoise repose sur une industrie intensive en main-d’œuvre et en matières premières produisant des biens manufacturés à faible valeur ajoutée exportés vers l’Occident. «La Chine possède structurellement un excédent commercial vis-à-vis des pays développés, les Etats-Unis et l’Europe, relate Dominique de Rambures, ancien banquier, chargé de cours à l’université Paris-I et spécialiste de la Chine, mais elle engrange des déficits par rapport à ses voisins régionaux. Elle a en effet besoin, pour produire, de matières premières qu’elle se procure dans les économies émergentes et en développement.» Ce modèle de développement, dans un contexte d’économie administrée, a généré des déséquilibres internes : bulle immobilière, explosion de la dette des collectivités locales, mais aussi et surtout des inégalités qui ne cessent de s’accroître.
«La classe moyenne émergente représente entre 200 et 300 millions de personnes en Chine qui ont su bénéficier du modèle de développement, indique Dominique de Rambures. Par contre, la majorité de la population reste en dessous du seuil de pauvreté et ne reçoit pas les fruits de la croissance.»