Si les résultats macroéconomiques des Abenomics ont déçu les investisseurs internationaux, ces derniers plébiscitent les réformes structurelles visant à augmenter les investissements en actions des ménages et des institutionnels japonais, tout comme la mise en place d’un nouveau code de gouvernance. Des mesures qui devraient avoir un impact positif sur la valorisation des marchés.
Lancés fin 2012, les «Abenomics» avaient suscité beaucoup d’espoirs au Japon et chez les investisseurs étrangers, qui avaient cru en la capacité du nouveau gouvernement, dirigé par Shinzo Abé, à mettre fin à plusieurs décennies de déflation. Pour preuve, les flux en provenance des investisseurs européens en direction du Japon ont explosé en 2013, passant d’une moyenne d’environ 1 milliard d’euros par an investi sur les actions japonaises couvertes contre le risque de change, à plus de 10 milliards en 2013, selon les chiffres collectés par Morningstar. Des flux qui ont concerné toutes les classes d’actifs japonaises, y compris les petites et moyennes capitalisations japonaises en 2013. Il est vrai que les marchés actions ont connu une phase de hausse inédite ces dernières années.«En trois ans, si on corrige de l’effet change, le MSCI Japon a gagné 95 % contre 60 % pour le MSCI US et 40 % pour le MSCI Europe», relève Frédéric Rollin, conseiller en investissement chez Pictet.
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Une hausse liée à une ambitieuse politique, les Abenomics, qui reposent sur trois axes ou «flèches» selon le gouvernement Abé : une politique budgétaire expansionniste, une politique monétaire ultra-accommodante menée par la Banque centrale du Japon (BoJ), dans la même veine que la politique de la banque centrale américaine (Fed), et des réformes structurelles visant à déréglementer l’économie et à augmenter la compétitivité des entreprises. Cette stratégie a eu d’emblée des effets positifs sur la croissance...