La crise des marchés obligataires depuis le début d’année n’épargne pas les obligations vertes, au contraire. Ces dernières sous-performent en moyenne les obligations conventionnelles. Mais les comparaisons doivent être faites avec précaution, les deux univers d’investissement étant sensiblement différents. Les investisseurs, eux, semblent garder confiance dans cette classe d’actifs de plus en plus technique.
Depuis son décollage dans le sillage de la COP 21, l’essor du marché des green bonds s’est fait presque sans à-coups. Même la crise sanitaire, qui l’a certes freiné quelques semaines au printemps 2020, n’a pas réussi à entamer son élan de croissance : avec plus de 500 milliards de dollars d’émissions, le marché a continué de battre des records en 2021, dépassant les 1 500 milliards de dollars d’encours en fin d’année, selon les décomptes de la Climate Bonds Initiative. Les performances, dopées par la baisse continue des taux ces dernières années et la forte demande de titres, étaient attractives et comparables à celles du marché obligataire classique. L’indice Bloomberg MSCI Euro-Green Bond avait par exemple progressé de 5,8 % en 2019 et 4,2 % en 2020, dans la lignée de l’indice Bloomberg Euro-Aggregate qui avait respectivement gagné 6 % et 4,1 %.
«Par le passé, la performance des green bond était meilleure que celle de l’univers des obligations conventionnelles et aujourd’hui, c’est l’inverse, sans que ce ne soit lié à une spécificité des green bonds.»
Une sous-performance à nuancer
Cependant, depuis l’an dernier et surtout le début de cette année, la classe d’actifs évolue en eaux troubles. Sous l’effet de la remontée rapide des taux et de l’écartement des spreads, l’ensemble des marchés obligataires essuient de lourdes pertes, mais les obligations vertes tendent à voir plus rouge encore que leurs équivalents classiques. En 2021, l’indice green bonds en euros a perdu 4 %, contre -2,9 % pour son équivalent...