Face à la perte de vitesse du marché français, les sociétés de gestion se tournent de plus en plus vers l’international. Si différentes stratégies sont possibles pour y réussir, elles doivent tenir compte d’un certain nombre de facteurs incontournables.
«Le besoin de croître à l’international devient de plus en plus vital pour les sociétés de gestion françaises, compte tenu de l’atonie de leur marché domestique depuis la crise», constate Benoît Macé, directeur associé au sein du BCG. Toutes les statistiques récentes arrivent en effet à la même conclusion : le marché français de la gestion d’actifs est en perte de vitesse. Ce constat vient même d’être confirmé par les derniers chiffres publiés par McKinsey, qui fait état d’une collecte en contraction de 1 % en 2013 pour l’ensemble de la gestion d’actifs en France, alors qu’elle progresse en moyenne de 3 % en Europe. Dans ces conditions, les sociétés de gestion n’ont d’autre choix, si elles veulent continuer de croître, que de s’exporter. Mais le développement international constitue encore un challenge pour les sociétés de gestion françaises, dont la part de leurs encours issus de clients étrangers ne s’élève qu’à 15 % en moyenne, selon l’AFG. Ce chiffre est cependant à nuancer car, selon l’étude réalisée chaque année par Option Finance sur les 50 sociétés de gestion qui comptent, celles retenues dans la sélection commercialisent en moyenne 23 % de leur encours à l’étranger pour celles adossées à des réseaux, voire 42 % pour les structures entrepreneuriales.
Pour autant, la compétition est rude à l’international et les sociétés françaises ont pris du retard par rapport à leurs homologues anglaises et américaines qui se partagent déjà un tiers du marché européen, contre 18 %...