Entre les fonds Nova, Novo, euro-croissance… les pouvoirs publics ont considérablement renforcé les possibilités de financement de l’économie française par les institutionnels. Si ces derniers ont déjà augmenté leurs investissements dans ce domaine, leur capacité d’intervention reste bien supérieure à leurs engagements actuels.
A l’heure où l’Etat doit réduire ses dépenses publiques, ses marges de manœuvre pour relancer le financement des petites et moyennes entreprises sont particulièrement limitées. Mais, depuis deux ans, date à laquelle le gouvernement en a fait un de ses axes prioritaires, ce dernier s’y emploie de manière indirecte en comptant sur la mobilisation d’autres acteurs, en particulier des investisseurs institutionnels ! «La fonction première des investisseurs institutionnels n’est pas à proprement parler de financer l’économie française, tient pourtant à rappeler Jean Eyraud, président de l’Association française des investisseurs institutionnels (Af2i). Elle est d’abord d’assurer la couverture de leurs risques et de leurs engagements, comme le versement des prestations complémentaires de santé ou de prévoyance, ou encore de financer les retraites de leurs cotisants en adossant le mieux possible leurs passifs par des placements appropriés. Dans ce cadre, leur rôle dans le financement de l’économie dite réelle n’est qu’une résultante de ce processus de gestion actif-passif.»
Il n’en reste pas moins vrai que, dans les faits, les arbitrages financiers menés ces dernières années par les institutionnels ont permis de soutenir les entreprises. «En réduisant, depuis la crise, les dettes souveraines dans leurs portefeuilles au profit des emprunts d’institutions bancaires puis de corporates non financiers, les investisseurs ont considérablement augmenté le poids de leurs placements dans...