Inquiets de la politique de la Chine face au Covid et des tensions avec les Etats-Unis, les investisseurs ont procédé à des retraits massifs sur les marchés du géant asiatique avant d’y effectuer un retour progressif. Mais les incertitudes demeurent.
En mars dernier, les investisseurs étrangers ont retiré un montant net de 17,5 milliards de dollars des actions et obligations chinoises, signifiant ainsi leur inquiétude face à un contexte local difficile. « Au cours des derniers mois, des clients, notamment américains, affichaient une défiance croissante à l’égard des actifs chinois, avec, en toile de fond, les tensions sino-américaines », retrace Vincent Mortier, directeur des gestions chez Amundi. Plus généralement, la Chine se voit également reprocher sa réglementation imprévisible et le côté arbitraire de décisions qui ont beaucoup impacté certaines valeurs. Enfin, la politique « zéro Covid », accusée d’être anachronique, a fait l’objet de nombreuses critiques dans le monde entier, pour ses conséquences importantes sur l’économie du pays.
«Trop d’incertitudes à court terme au sujet de la politique “zéro Covid” et pas assez de volontarisme dans les politiques monétaires et budgétaires nous poussent à attendre, malgré des valorisations très intéressantes à moyen terme. »
Un manque de lisibilité
Néanmoins, cette méfiance vis-à-vis du marché chinois est loin d’aller systématiquement jusqu’au rejet total. De nombreux gérants ont plutôt vécu une année d’indécision. « Nous avions pris nos bénéfices entre le premier et le deuxième trimestre 2021, car à l’époque, le marché était plutôt survalorisé, relate Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM. Puis nous sommes revenus temporairement sur la Chine, début mars, en espérant...