Fort de son expertise reconnue en conseil sur le financement de grands projets d’infrastructure en Europe, le groupe Edmond de Rothschild souhaite désormais fédérer des investisseurs institutionnels pour leur permettre, via la dette d’infrastructures, de participer au développement de l’économie réelle, et ainsi répondre à leur besoin de rendement et de diversification.
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Quels sont les besoins d’infrastructures en Europe ?
Jean-Francis Dusch, directeur de la gestion dettes infrastructures, et Florence Dard, directeur institutionnels Europe et fonds souverains : L’essor des investissements en infrastructures a été récemment associé aux pays émergents. Or, les besoins demeurent importants en Europe, aussi bien dans les transports, les équipements télécoms, que le social ou l’énergie, pour répondre aux évolutions technologiques mais également pour renouveler des infrastructures matures, sans oublier les nouveaux projets. La Commission européenne évalue ainsi à 1,5 trilliard d’euros les investissements nécessaires d’ici à 2020. Ces besoins sont variés, avec des cycles différents d’un pays à l’autre, ce qui offre de nombreuses opportunités pour les investisseurs désireux de contribuer au financement du développement économique européen.
Pourquoi les investisseurs institutionnels s’intéressent-ils de plus en plus à de la dette d’infrastructures ?
Jean-Francis Dusch et Florence Dard : Dans un contexte de taux faibles, les investisseurs institutionnels recherchent un surplus de rendement généré par des actifs sécurisés et dont la maturité est en adéquation avec leurs besoins d’adossement «actif-passif». Or, la dette en infrastructures est une classe d’actifs qui bénéficie, de part la nature des actifs réels à financer, d’une prime d’illiquidité avec, en conséquence, des rendements attractifs. Par ailleurs, la récurrence et la stabilité des cash-flows générés par ces actifs réels assure une bonne visibilité sur ce rendement. L’intérêt croissant des investisseurs institutionnels pour la dette d’infrastructure peut ainsi permettre de pallier une baisse de la liquidité bancaire consécutive au durcissement des critères de crédit et à certaines évolutions réglementaires (Bâle 3) depuis la crise de 2008.