Sans surprise, la BCE a poursuivi jeudi dernier le relèvement de ses taux directeurs et annoncé l’arrêt de ses réinvestissements sur les marchés financiers cet été. Alors que le tour de vis monétaire amorcé l’an dernier pèse de plus en plus sur les conditions de financement des entreprises, l’institution a prévenu que le durcissement n’était pas fini.
Alors même que les Etats-Unis restent, à l’instar de l’Europe, confrontés à une inflation élevée (5,3 % sur un an, hors prix de l’énergie et de l’alimentation), la Réserve fédérale américaine a décidé, mercredi dernier, de maintenir ses taux directeurs inchangés, dans une fourchette comprise entre 5 % et 5,25 %. Un statu quo pour lequel n’a pas opté la Banque centrale européenne. Invoquant de « nouvelles prévisions d’inflation qui ne nous satisfont pas », à savoir des taux annuels au sein de la zone euro de 5,4 % cette année, de 3 % en 2024 et de 2,2 % en 2025, sa présidente Christine Lagarde a annoncé, le lendemain, la huitième augmentation de ses taux directeurs depuis onze mois. Comme attendu, son principal taux de refinancement et celui de sa facilité de dépôt ont chacun été relevés de 25 points de base (pb), à respectivement 4 % et 3,5 %. En outre, l’Eurosystème a confirmé l’arrêt en juillet des réinvestissements réalisés sur les marchés financiers, dans le cadre de son programme de rachats d’actifs (APP).
Nouvelle hausse à venir en juillet
Or cet énième tour de vis ne sera pas le dernier. En raison d’une inflation (6,1 % sur un an en mai dans la zone euro) toujours très éloignée de la cible de 2 % à moyen terme, « nous ne pensons pas à faire de pause », a ainsi prévenu Christine Lagarde, signalant même qu’une neuvième hausse de taux devrait intervenir à l’occasion de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs, prévue le 27 juillet. « Là encore, le relèvement devrait être de 25 pb », indique Cyril...