Les entreprises exportatrices sont de plus en plus visées par des tentatives de fraude, qui reposent notamment sur l’usurpation d’identité de clients étrangers.
Alors que 93 % des entreprises françaises déclarent avoir été victimes d’au moins une tentative de fraude en 2015, selon l’enquête Euler Hermes-DFCG publiée le mois dernier, un type spécifique de fraude se développe particulièrement : la fraude à l’export. «C’est arrivé à l’un de nos assurés français il y a quelques semaines,explique Michel Van Swieten, expert fraude chez Euler Hermes. Un client britannique semblait parfaitement en règle. Mais une fois la marchandise livrée, l’argent n’est jamais arrivé.» Dans ce cas, l’entreprise victime a cru livrer ses produits à une société ayant pignon sur rue. Mais cette dernière n’avait en réalité jamais passé commande, les fraudeurs se faisant passer pour elle lors de la négociation commerciale.
Des techniques de fraude spécifiques
L’usurpation d’identité de client est une technique couramment observée parmi les tentatives de fraude à l’export. «Les techniques sont de plus en plus sophistiquées : la correspondance, les mails, les appels sont souvent irréprochables, met en garde Michel Van Swieten. Il est parfois très difficile de déceler la fraude.» Cette forme de malversation n’est pas cantonnée aux pays dont le cadre réglementaire est faible : le cas évoqué concernait une exportation vers le Royaume-Uni. Le risque, pour l’entreprise exportatrice, est avant tout financier, à travers une perte d’actifs qui représente parfois un pourcentage significatif de son chiffre d’affaires.
La fraude à l’occasion d’opérations d’exportation n’est pas seulement externe. Les conflits...