Le SPAC, qui consiste à introduire en bourse une société nouvellement créée en vue de réaliser une acquisition, vient de voir le jour en France. Le devenir d’un tel dispositif dépendra du succès de cette opération inédite.
Un véhicule d’acquisition d’un genre nouveau a fait son entrée à la Bourse de Paris le 22 avril dernier. La société Mediawan, créée par Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton, et introduite sur le compartiment professionnel d’Euronext Paris, est en effet un special purpose acquisition company (SPAC). Si la forme juridique d’une telle entité est commune, Mediawan étant une société anonyme classique, c’est son objet qui se distingue. Entreprise sans aucun actif ni activité, sa seule raison d’être repose sur un projet d’acquisition qui lui donnera ultérieurement sa validité opérationnelle.«C’est la manière de structurer la société cotée et son financement qui en font un instrument à part, tourné vers l’acquisition d’une cible qui sera soumise au vote des actionnaires», explique Marc Petitier, associé chez Linklaters.
Des obstacles progressivement levés
Si la France découvre ce dispositif, son existence remonte toutefois à plusieurs années. En effet, le SPAC a fait son apparition dans les années 1990 aux Etats-Unis, avant d’apparaître en Europe en juillet 2007, avec l’introduction en bourse de la société Pan-European Hotel Acquisition Company sur la place d’Amsterdam. Depuis, peu de projets de ce type ont vu le jour sur le continent.
Le retard de la France s’expliquait par des contraintes juridiques qui ont été progressivement levées. D’abord, une ordonnance du 24 juin 2004 a institué les actions de préférence, qui permettent à une société cotée d’assortir ces titres de droits particuliers, différents...