Le marché allemand devient stratégique pour de nombreux groupes français, en témoigne la dizaine d’acquisitions recensées depuis le début de l’année. Toutefois, avant de franchir le Rhin, les acheteurs doivent bien avoir conscience des difficultés qu’ils pourraient y rencontrer.
Elis pousse ses pions outre-Rhin. Soucieux de renforcer sa présence sur le marché domestique de la santé, le premier d’Europe, le groupe de services aux entreprises a annoncé le mois dernier la signature d’un accord portant sur l’acquisition de 100 % de la société BW Textilservice en Allemagne. La démarche d’Elis n’est pas isolée parmi les entreprises françaises, quel que soit leur secteur d’activité. Depuis le 1er janvier, 12 opérations de croissance externe transfrontalières ont en effet été réalisées, pour un montant de près de 4,6 milliards d’euros selon Thomson Reuters. Sur l’ensemble de 2017 comme de 2016, ce sont chaque année une centaine de transactions qui ont été finalisées pour un total avoisinant 20 milliards.
A en croire les spécialistes, l’Allemagne n’est pas près de perdre en attractivité. «Alors que le Royaume-Uni était jusqu’à présent la première destination des acheteurs français, le Brexit pourrait les conduire à se tourner vers d’autres destinations», prévient Jean-Noël Mermet, fondateur de Frenger International. Il faut dire que de nombreuses possibilités s’offrent aux entreprises françaises outre-Rhin. «Tout d’abord, l’Allemagne attire par sa taille et la bonne santé de son économie, relève Jean-Noël Mermet. En outre, elle regorge d’ETI et de PME à dimension internationale, en particulier dans les secteurs de l’automobile, de l’ingénierie, de la chimie et du transport-logistique.» Mais ces secteurs ne sont pas les seuls concernés par les opportunités d’achat.