Bpifrance a déjà lancé deux fonds de private equity destinés aux particuliers, vous en préparez un troisième, le contexte financier est-il vraiment favorable ?
Adeline Lemaire, directrice exécutive, responsable des fonds de fonds chez Bpifrance : Il faut souligner la particularité des deux fonds que nous avons lancés : il ne s’agit pas de réaliser de nouveaux investissements dans des entreprises, mais d’accéder à un portefeuille multisectoriel et diversifié qui regroupe 1 500 PME, ETI et start-up, en souscrivant à des fonds de fonds. Ainsi, Bpifrance Entreprises 2, auquel 7 000 particuliers ont souscrit, a été investi à hauteur de 80 % dans 12 fonds de capital-investissement, gérés par 76 sociétés de gestion principalement françaises, issus de notre portefeuille de fonds partenaires, constitué entre 2010 et 2016, les 20 % restants dans deux fonds gérés directement par Bpifrance Investissement. Donc, les épargnants profitent d’investissements effectués par le passé, étalés sur neuf millésimes.
Néanmoins, nous continuons de promouvoir la mobilisation de l’épargne des particuliers dans de nouveaux fonds : continuer d’investir régulièrement y compris dans les périodes de creux peut être intéressant, et les fonds d’investissement déploient sur plusieurs années, cinq en général, atténuant ainsi le risque de millésime.
Certains fonds américains de private equity ont limité les possibilités de retrait de la part des investisseurs particuliers. Ne risque-t-il pas d’y avoir là une source d’inquiétude pour les épargnants français ?
Je ne pense pas, car le sujet est très différent. D’une part, il s’agit de fonds ayant investi dans l’immobilier, ce...