Depuis le début de l’année, les investisseurs bénéficient de performances très attractives sur le marché obligataire, une situation exceptionnelle qui ne devrait pas se poursuivre en 2015. Les gestionnaires préconisent à l’avenir des produits plus flexibles et moins corrélés à l’évolution des taux.
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Contre toute attente, 2014 s’annonce comme une année particulièrement porteuse pour les marchés obligataires. «En moyenne, les obligations ont délivré 8 % de performance depuis le début de l’année, soit des niveaux bien supérieurs à la plupart des autres classes d’actifs, en particulier aux actions européennes sur la même période», remarque Nicolas Forest, responsable de la gestion obligataire chez Candriam. Cette situation n’était pas anticipée par la plupart des professionnels. Au contraire, certains ont même pris des paris inverses en allégeant leur exposition au marché obligataire ces derniers mois, craignant un probable resserrement monétaire. Mais ce dernier n’a finalement pas eu lieu. Les spreads entre les pays et entre les segments obligataires ont continué à se réduire à mesure que les taux ont poursuivi leur baisse. Les taux souverains ont d’ailleurs pour la plupart atteint leur plus bas niveau historique. Et, pour certains, la contraction a été spectaculaire. «En neuf mois, les taux à dix ans allemands ont perdu 100 points de base (pb), les taux italiens 170 pb, les taux espagnols près de 200 pb et le Portugal affiche un record avec une baisse de 300 pb, rappelle Gaëlle Malléjac, directrice de la gestion de taux chez Groupama AM. Cette situation a été particulièrement favorable aux détenteurs d’obligations, en particulier souveraines.»
Les rendements des dernières émissions à court terme de l’Allemagne, de la France ou encore de l’Irlande sont tombés en territoire...