Quelles opportunités les fonds d’obligations indexées sur l’inflation offrent-ils aux investisseurs, alors que la dérive des prix s’inscrit à - 0,4 % dans la zone euro et à 0 % en France ? La bonne performance des fonds d’obligations indexées sur l’inflation en ce début d’année interpelle.
Des facteurs très puissants ont pesé sur les anticipations d’inflation après avoir fait baisser l’inflation constatée. Le ralentissement de la croissance économique mondiale et la chute de 50 % du prix du pétrole entre septembre 2014 et janvier 2015 expliquent grandement le repli de l’inflation, y compris dans les pays émergents. D’où le renforcement des anticipations d’inflation à la baisse ces derniers mois et la crainte qu’une déflation s’installe.
Cependant, rien ne dit que cette tendance va perdurer. En effet, le contexte européen ne se calque pas sur celui qui a longtemps prévalu au Japon. Emmanuel Petit, directeur de la gestion obligataire chez Rothschild & Cie Gestion, table ainsi sur «une reprise naturelle de l’inflation, soutenue par la baisse conjointe de l’euro et du pétrole, qui redonne du pouvoir d’achat aux agents économiques». Analyse partagée par Mihir Worah, CIO asset allocation and real return chez Pimco, pour qui «le repli des cours du pétrole devrait fortement peser sur l’inflation mondiale cette année. Dans la plupart des économies développées, l’indice global des prix à la consommation devrait passer en territoire négatif début 2015 et ne repasser dans le vert qu’à la fin de l’année, voire début 2016».
L’inflation publiée est un indicateur retardé
Le niveau bas de l’inflation serait temporaire. Mieux, «le prix du pétrole devrait se stabiliser sur les niveaux actuels avant de remonter. Dans ce cas, du fait de l’effet de base sur l’indice d’inflation, les anticipations d’inflation à dix ans en zone...