Après une opération inaugurale fin 2021, Legrand vient de réaliser sa deuxième émission obligataire sustainability-linked. Sursouscrit plus de trois fois, ce nouvel emprunt a permis au groupe de diversifier sa base de prêteurs.
Legrand prend racine sur le compartiment ESG du marché obligataire. Après une première émission indexée à des objectifs environnementaux, réalisée en septembre 2021, le spécialiste mondial des infrastructures électriques et numériques du bâtiment (8,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022) a procédé fin mai à un nouvel emprunt sustainability-linked. D’un montant de 700 millions d’euros, celui-ci est lié à de nouveaux indicateurs (voir encadré).
Une attitude prudente
Cette levée de fonds avait été initiée quelques semaines plus tôt afin de refinancer une tombée obligataire de 400 millions d’euros, prévue en septembre. « Nous aurions certes pu rembourser cette souche avec notre trésorerie, qui avoisinait 2,5 milliards d’euros à la fin du premier trimestre, indique Ronan Marc, directeur relations investisseurs, financement et trésorerie de Legrand. Mais alors que les modalités d’accès au financement se sont dégradées depuis l’an dernier, nous avons préféré saisir cette fenêtre d’émission dans une logique de prudence. » Disposant déjà d’un document cadre (framework) pour émettre des obligations sous format sustainability-linked, le groupe s’est d’emblée engagé dans cette voie. « Dans la mesure où nos investissements stratégiques (Capex) annuels sont le plus souvent compris entre 200 et 300 millions d’euros, nos besoins sont trop limités pour pouvoir émettre un financement avec fléchage des fonds (use-of-proceeds), comme un green bond », rappelle Ronan Marc.
« Nous avons attiré une demande plus soutenue de la part d’assureurs et de fonds de pension, qui présentent l’avantage d’être le plus souvent des porteurs buy-and-hold. »
Une précouverture de taux partielle
Après un roadshow à distance...