Après la déferlante de cotations de SPAC en 2021, la plupart de ces coquilles vides destinées à réaliser des acquisitions sont arrivées au terme de leur période d’investissement. N’ayant pas trouvé la cible idéale, une large part d’entre elles ont été contraintes de rembourser leurs investisseurs. Quant aux véhicules qui sont parvenus à « despacker », ils ont pour la plupart vu leur cours boursier plonger.
« Les SPAC sont probablement déjà de l’histoire ancienne. » Après avoir activement participé à la vague d’introductions en Bourse de « special purpose acquisition companies » qui, entre fin 2020 et début 2022, avait submergé l’Amérique du Nord et, à moindre échelle, l’Europe, ce professionnel d’une grande banque américaine apparaît résigné. Il faut dire qu’après avoir amassé près de 270 milliards de dollars au cours de cette période, ce type d’entités a, depuis, quasiment disparu des écrans radars des investisseurs (voir encadré). Un constat qui, de l’avis de ce banquier comme celui de plusieurs de ses homologues, résulte avant tout de leurs performances, pour le moins contrastées.
«Les discussions avec l’AMF afférentes à la préparation du prospectus ont été engagées. »
Plus de 200 liquidations en 18 mois
Apparues dès les années 1970 aux Etats-Unis, les sociétés d’acquisition à vocation spécifique constituent des véhicules cotés sans activité opérationnelle, d’où leur surnom de « coquilles vides » ou de « sociétés chèques en blanc ». Leur objectif consiste, après avoir levé des capitaux à l’occasion de leur introduction en Bourse, à acquérir une entreprise évoluant dans un secteur précis, avant de fusionner avec elle. Via cette opération appelée « despacing », l’entité rachetée devient alors cotée, en évitant le processus long et contraignant d’une introduction en Bourse classique (IPO). Comme les SPAC disposent généralement d’un délai de 24 mois pour finaliser un tel rachat, sous peine d’être liquidés et de devoir rendre l’argent à leurs actionnaires, la plupart des quelque 1 330 qui se sont cotés à...